SOS Fantôme

Si il n’y avait pas les bandeaux des chaînes, si il n’y avait pas les estrades officielles, si il n’y avait pas les Unes du Figaro, si il n’y avait pas le site Internet de l’Elysée, qui se rappellerait encore que François Hollande est encore président de la République ? Pas grand monde tant le pays, l’Europe et le monde semblent avancer sans lui. François Hollande est devenu un fantôme impuissant, un Casper qui ne fait peur à personne sauf aux bulletins de vote PS. Il fallait le voir à la télévision fuyant les questions privées sans qu’on comprenne alors pourquoi il a accepté de se les faire poser, jouant le bon élève devant une patronne au comportement insupportable d’enfant gâtée, s’amuser d’être le gentil conseiller qui fait ce qu’il peut. On finit même par se demander si il a envie d’être là cet homme tant il semble détaché de tout, pitoyable pour son poste et éternellement incompréhensible pour le poste. Président le plus impopulaire de la grabataire Vème République, François Hollande est aujourd’hui minoritaire dans son propre parti. Même la presse censée lui être favorable reconnaît cet état de fait. Et pourtant il tient. Il s’accroche solidement attaché qu’il est par les institutions d’une République usée jusqu’à la corde. Un peu plus de 260 députés pourtant pas dupes de la situation continuent à le soutenir par principes. Ils se savent décrochés de la base, il se savent aller dans le mur mais ils continuent. Encore un peu de temps, monsieur le bourreau !

Si la France ne se gouverne pas par sondage, il n’est pourtant pas acceptable de la voir ainsi enchaîner pendant encore un peu plus de 2 ans à ce navrant spectacle. En tant que citoyen de gauche, il est insupportable de se voir ainsi confisquer cet adjectif au profit d’une politique économique libérale et de reculades anti-progressistes permanentes. François Hollande n’a pas seulement fait disparaître sa propre place, il a dérobé les mots et les définitions de la gauche pour les vendre au catéchisme social démocrate européen. Il a fait du renoncement un corollaire du socialisme et de « la gauche ». Il a fait 1er ministre celui qui s’assume « pro-business », il a promu un banquier, il a renoncé et renoncé encore, il a ignoré le mort écolo et n’a jamais condamné les actions criminelles de la FNSEA. Il a échoué à des promesses pourtant par lui formulées. Il a tendu la joue droite pour mieux qu’on ressente tous la baffe. L’affront mériterait son procès et ses explications devant le tribunal de la gauche. Protégé, il le fuit encore et toujours et la revanche électorale du peuple de gauche se retrouve dans une implacable abstention ou la déchéance désillusionné du vote FN. Mais en 2017, le fantôme sera loin de ces préoccupations et n’hantera, espérons le, plus personne. Son ultime regret : Il n’y aura plus de bandeau ou de chaînes de TV pour lui. Passer à la TV c’était bien quand même.

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