Taxi à lavement ou Uber au caca ?

La nouvelle bataille qui enflamme l’actualité française oppose deux combattants, à gauche les taxis et à droite Uber. Or, dans cette bataille qui oppose vieux service notoirement pourri et nouvelle société qui s’enrichit sans assumer les risques de ses employés, on ne peut que se boucher le nez tant choisir sa bannière entre les 2 camps fait penser à cet épisode de South Park où Stan doit se résoudre à trancher entre une poire à lavement ou un sandwich au caca.

Côté poire à lavement, on retrouve donc les taxis qui manifestent avec une subtilité et une finesse d’esprit qui n’est pas sans nous rappeler l’aura de stupidité qui entourent généralement les manifestations de la FNSEA et autres bonnets rouges. Si certes, on n’atteint pas encore le niveau de certains grands esprits sympathisants de ces derniers qui tel de vulgaires délinquants de banlieues ont incendié fin 2014 un bâtiment public à Morlaix empêchant également les pompiers d’intervenir, il faut constater que les taxis ne dévient pas de leur constante ligne de manifestation qui consiste principalement à intimider voire à agresser tout le monde. On passera sur le côté cour de récré de ces grands enfants dont le cerveau est resté bloqué sur le mode CM2-c’est moi qui ait les plus gros muscles pour se concentrer sur leur situation professionnel.

Les taxis font un métier de service, ils sont payés par des clients pour effectuer une prestation et bénéficie historiquement d’un monopole, via un nombre de licence limité, sur cette activité. Pas besoin d’être grand économiste pour se dire qu’un système qui fonctionne avec un monopole type service public sans les obligations qui incombe à ce dernier ne peut fonctionner. Mais l’Etat a systématiquement refusé de s’attaquer au problème et les taxis se sont enfermés dans de bien mauvaises pratiques. Très franchement, en dehors des garagistes, peu de métiers ont aussi mauvaise réputation que les taxis. C’est bien simple, je n’en ai jamais pris un seul mais je connais déjà tous les reproches qu’on leur fait. On a tous un ami qui nous a raconté une expérience calamiteuse avec un taxi. Mais tout cela n’avait pas beaucoup d’importance tant que le monopole existait.

Et c’est là qu’arrive le sandwich au caca. Car avec les avancées technologiques et la transformation ultra libérale mondiale de l’économie, un petit nouveau nommé Über finit par se pointer avec un système de mise en relation des clients avec des chauffeurs non « taxis ». Très logiquement le bleu tacle là où ça fait mal, à savoir le prix et le service rendu, et fatalement finit par remporter le gros lot. Colère des taxis qui, une fois de plus, disposent de l’oreille bienveillante de l’Etat trop imbu de lui-même pour pouvoir reconnaître ses fautes. Mais cette victoire est à la Pyrrhus tant elle dégrade encore la relation cliente des mêmes taxis. Face aux actions violentes et stupides des manifestants, un boycott volontaire des taxis par les citoyens n’est pas inimaginable. A quoi bon prendre le taxi tant ces gens apparaissent tout sauf soucieux de leurs clients ?

Pourtant Uber est loin d’être la panacée et ne mérite pas d’être abondamment défendu par les réseaux sociaux vengeurs. Cette société et son application cause en effet nettement problème dans son principe. Car l’on ne parle pas ici de gens qui créent de l’emploi mais d’une entreprise qui monnaie à hauteur de 20% de la course la relation entre clients et chauffeurs. Cette situation précarise les chauffeurs qui se retrouvent sans protections sociales et obligés de recourir au très peu enviable régime de l’entrepreneur dépendant du bon vouloir d’Uber. Mais elle prive aussi les clients d’un véritable service sécurisé de transport privé et d’une possibilité de faire appel à une société aux pratiques largement plus éthiques et moins cyniques. Le modèle ultra libéral d’Uber est un très mauvais modèle qui fragilisera encore plus une classe de citoyens déjà en forte difficulté. C’est à ce prix-là que vous payez peu cher vos déplacements car si Uber affiche une croissance épatante, combien faut-il de « pauvres » chauffeurs pour assumer les risques que cette couarde société refuse pour elle-même ?


Il n’y a donc personne à défendre dans ce conflit, la seule véritable issue acceptable serait que l’Etat daigne se bouger le derche pour enfin établir le bon cadre légal pour les activités de transport privé. Mettre fin au monopole et aux licences, interdire les marchands de mise en relation et exiger des normes et des sécurités des entreprises privés souhaitant faire leur activité dans ce domaine. La tâche est ardue mais à la remettre sans cesse à demain et à attendre l’explosion et la casse, l’Etat est autant coupable que les autres.

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