Demain, cela fera 15 jours que les tragiques événements du 13 novembre 2015 auront touché notre pays. Je ne sais pas pour vous mais personnellement j’ai encore l’impression que cela est arrivé il y a moins de 48h. Demain, le gouvernement nous incite fortement à coup de drapeaux et de selfies (c’est l’époque qui veut ça) bleus-blancs-rouges à nous joindre à un hommage national et à être #FIERSDELAFRANCE (toujours l’époque). Je ne le ferais pas, pas par cynique esprit de contradiction, pas parce que je n’ai pas été touché mais tout simplement parce que la liberté obligatoire est une notion qui me dérange au plus haut point et que j’estime que ce n’est pas ma manière de rendre hommage aux disparus. Ceux qui toutefois le feront sont-ils d’affreux moutons ? Absolument pas, si cela apporte à quiconque un réconfort en ces temps difficiles, qu’elle ou il se drape des 3 couleurs de la France sans hésiter. Maintenant, il y a une chose que je veux vous dire et qui ne vous fera pas plus plaisir qu’à moi mais il va nous falloir admettre ceci sans plus tarder : Les choses sont compliquées.


D’abord parlons de la situation du pays. Notre classe politique est en déroute et profite de la peur naturelle des gens pour imposer une politique sécuritaire exceptionnelle et surtout une rhétorique guerrière des plus dérangeantes, surtout quand on essaye encore de maintenir l’illusion qu’on est de gauche. Qu’une partie de la droite dans son mariage non avoué avec l’extrême droite s’engouffre dans un tourbillon autoritaire idiot et dangereux, on pourrait presque comprendre tant son rôle d’opposition laisse le champ libre à ce genre de manœuvres sans jamais en assumer la responsabilité. D’autant que comme je l’ai dit plus, les choses sont compliquées. En effet, si les dérives sont là et existent belles et bien, tout n’est pas complètement noir.


De nombreuses branches de la société civile ont, une fois de plus, fait barrage au quasi unanimisme politique, la presse commence à se rendre compte des abus d’autorité de l’État en ce qui concerne les perquisitions, une relative stabilité politique se dessine au niveau des régionales et rien n’indique pour l’instant que le Parlement, droite et gauche comprise, qui s’est dôté de possibilités nouvelles de contrôle de l’exécutif, ne fera pas correctement son travail. Pour le moment donc, il apparaît surtout primordial d’attendre, de rester vigilant et de faire connaître les abus de l’État d’urgence. Seule une vigie citoyenne pour faire comprendre à l’État et aux politiques qu’ils doivent rester dans les clous et le temporaire pourra nous permettre de sortir de tout cela par le haut. Soyons fermes mais ne crions pas, c’est encore la meilleure réponse à un pays toujours traumatisé.


Une fois cela dit, il convient également de faire le bilan du gouvernement. Et là autant dire que les choses sont compliquées quand on essaye de trouver du positif. C’est bien simple, la gauche autoritaire se venge d’années de frustration et son premier sinistre en chef a décidé de jouer à fond la carte de la peur pour faire passer des mesures que son camp n’aurait jamais acceptées en temps normal. En complicité active, le ministère de l’Intérieur vient de réussir en flagrant délit un armement des policiers et des gendarmes qui font passer les USA pour un modèle. Je n’aimerais pas être dans les chaussures de ces deux incompétents lorsque viendra le premier mort de bavure mais depuis Rémi Fraisse on sait à quel point leur absence de compassion ne nous manquera pas. Toutefois, il serait injuste de se cantonner aux chefs et de ne pas considérer non plus la responsabilité du PS qui n’a pipé mot.


Puis venons-en à la situation extérieure, et là c’est un bordel sans nom qui s’est encore compliqué depuis que la Turquie s’est décidé à descendre un avion russe. Je n’ai pas la foi ni la légitimité pas plus que la compétence pour vous résumer tous les enjeux et toutes les culpabilités des instances internationales mais sachez que oui les choses sont extrêmement complexes et que si l’objectif de la France est bel et bien d’éradiquer Daesh , elle va devoir se retrouver à se salir les mains et que pour le coup, on souhaite bien du courage à la diplomatie nationale pour se sortir de ce bourbier dont , rappelons-le quand même, elle a tout de même sa part de responsabilité. Mais pour plus de détails, je ne peux que vous encourager à vous tourner vers l’émission « Un jour dans le monde » présenté par Nicolas Demorand sur France Inter qui fait au mieux pour rendre didactique ce plat de nouilles géopolitique. (http://www.franceinter.fr/emission-un-jour-dans-le-monde )


Mais comme décidément, rien n’est simple (vous commencez à saisir le pattern de cet article ?) , n’oublions pas non plus que l’incompétence d’une partie de la classe politique française continue à jouer. Vous allez dire que je m’acharne sur ce pauvre type mais oui entendre Valls balancer à des journalistes allemands que l’accueil des réfugiés ça suffit dans un discours qu’on croirait sorti du militant FN de base ou l’entendre fulminer contre une prétendue culture de l’excuse à l’Assemblée, ça fait très mal surtout quand, encore une fois, pas un communiqué PS ou présidentielle ne vient se désolidariser de ses saillies.


Sur ce, portez-vous bien et n’oubliez jamais qu’à défaut de tendre le drapeau bien haut, on peut toujours le faire avec un doigt en direction de Daesh.